Tolède (Toledo).

Pour passer cette journée à Tolède, j'ai le choix entre le train ou le bus. En train, 40 minutes de trajet, pas trop cher ok, mais la gare est quand même excentrée à 2 ou 3 km du centre-ville! Non. Je m'oriente plutôt vers les bus de la compagnie Alsa (quasiment la seule à proposer la destination au départ de Madrid); une bonne heure maximum de trajet confortable pour à peine 10€! Et la gare routière se trouve à 15 minutes de marche de la ville (ça dépend de la vitesse de marche évidemment).

Tolède est la capitale de la province éponyme et de la communauté autonome de Castille-La Manche. Eloignée de Madrid d'environ 70km, elle surplombe un grand promontoire rocheux et est contournée par le fleuve Tage, encore modeste à cet endroit, mais qui deviendra un "monstre" en arrivant à Lisbonne où il finit sa course en formant un immense estuaire.

La ville est classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis 1986. Elle a hérité du savoir architectural des civilisations juive, arabe et chrétienne au fil de son existence. Le résultat de ce mix est, pour les yeux du visiteur, une extase permanente. Eglises, synagogues et mosquées se côtoient. Mais massez bien vos mollets, les ruelles de la vieille ville offrent une déclivité bien prononcée!

Alors qu'y a-t-il de beau à voir? On tombe d'abord sur le massif Alcázar, citadelle du 16ème siècle qui abrite un magnifique musée de l'armée. Pas loin, voici la prodigieuse cathédrale, une des plus importantes d'Espagne. Elle est à tomber, aussi bien vue de l'extérieur que de l'intérieur. Ses dimensions: 120 m de long, 60 de large, une flèche de 90 m de haut; la nef principale est soutenue par 88 piliers. Et l'intérieur n'est pas en reste: 5 nefs, des voutes à donner le torticolis, 15 chapelles absidiales, et des ornements à profusion. Attention, l'entrée n'est pas forcément bon marché et l'audioguide est obligatoire (perso je n'en suis pas fan, des fois c'est soporifique).

Plus haut dans la cité, voici l'église Jésuite de San Ildelfonso. L'intérieur est plutôt sobre mais lumineux, mais le "must" reste l'ascension des tours, récompensée par le plus beau panorama qu'on puisse avoir de l'ensemble de Tolède! Tout près, l'église San Román abrite le musée de la culture wisigothique.

Redescendons un peu dans la vieille ville, après avoir goûté dans un petit resto une spécialité d'ici: les "carcamusas", un genre de ragoût de viande avec sauce tomate assez piquante; je crois qu'on aime bien les trucs qui piquent la langue en Espagne! Voilà que se profile le clocher de l'église Santo tomé, qui, sans être extraordinaire, est très courue. La cause est qu'elle abrite le célèbre tableau du Greco "L'enterrement du Comte d'Orgaz". Cependant, le prix d'entrée est vraiment exagéré, d'autant plus que les photos y sont interdites!

A côté, un petit couvent qu'on ne visite pas; mais je vois un panneau discret "Mazapan artisanal". tiens, je n'ai pas encore goûté le massepain de Tolède, cette pâte à base d’amandes et de sucre qu'on vend dans diverses boutiques (trop) touristiques. J'entre, c'est une adorable religieuse souriante (elle doit bien approcher des 80 ans!) qui me sert une petite boîte de ces massepains si caloriques (vade retro, docteur Dukan!).

Plus bas dans la ville encore, voici La synagogue Santa Maria la Blanca, la plus grande du quartier juif de Tolède. Construite au 12ème siècle, elle fut transformée en église 2 siècles après. Elle appartient toujours à l'Église catholique qui en a fait un musée ouvert au public.

Enfin, "last but not least" de ma visite de Tolède, voici l'imposant monastère de San Juan de los Reyes, un des joyaux de la cité. Edifié pour les Rois Catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, pour commémorer la victoire de leurs troupes contre les Portugais; l'idée de départ était d'en faire un panthéon royal. Il abrite un magnifique cloître et un petit jardin intérieur. De là, un long escalier descend jusqu'au pont romain Saint Martin enjambant le Tage, d'où on a une vue panoramique sur Tolède.

Voilà, impression très positive sur cette cité qui ne connait pas la circulation infernale de Madrid (faut dire que la topographie des lieux ne s'y prête pas!) et qui est agréable à parcourir si l'on veut bien faire abstraction du pourcentage des pentes de ses ruelles!
Retour tranquillou à Madrid, où je passe ma dernière nuit...en attendant de découvrir d'autres richesses de ce bien beau pays!