Rangoun

Nous voilà arrivés en Birmanie pour 28 jours, durée réglementaire du visa. L’aéroport est éloigné du centre ville, nous prenons donc un taxi car il n’y a pas de bus, heureusement les prix sont plus qu’abordables : 5,58 € pour 1H30 de taxi, il y a énormément de trafic, on s’accorde sur le prix de la course avant d’y aller c’est mieux que de voir le compteur défiler à l’arrêt.

Cela fait maintenant 8 mois que nous sommes en Asie, et nous sommes dépaysés en arrivant au Myanmar (ou Birmanie ancien nom). La nourriture est différente, on y mange des salades, des pâtes chinoises, des fondues d’abats de porc,… Leur rickshaw est différent (vélo avec passagers sur le côté droit, installés dos à dos). On conduit à droite mais avec un volant à droite (le gouvernement a fait changer le sens de circulation en une nuit, les vieilles voitures gardent le poste de conduite à droite et les nouvelles à gauche). Imaginez quand vous voulez discuter avec le chauffeur de taxi ou lorsque le bus vous fait descendre…. La circulation est dûe à une interdiction des deux roues, un diplomate a eu un accident entre sa voiture et un deux roues et il les a fait tout simplement interdire.

Les birmans sont très élégants, ils se peinturent le visage de thanakha pour se protéger du soleil, ils portent des longuys, sortent de jupe, à nouer avec une ficelle pour les femmes et plutôt à carreaux pour les hommes, il est fermé, il faut donc l’enfiler et l’enrouler devant pour mettre ce qui dépasse à la taille. Ils font attention avec quoi ils l’assortissent, beaucoup de chemises pour les hommes et des ombrelles élégantes pour se protéger du soleil.

En revanche, les voir mâcher de la noix de bétel toute la journée rendant leur dents toutes rouges et les voir cracher par terre n’est pas très élégant.

Au Myanmar, leurs vies tournent autour de la religion, bouddhiste pour la plupart, on voit donc beaucoup de moines défiler dans les rues pour demander de la nourriture. Il y a aussi des femmes moines (des nonnes), elles sont habillées en rose. Un passage au monastère est obligatoire pour tous les enfants pendant une semaine où on leurs rasent la tête, garçon comme fille. On a vu aussi de nombreuses pagodes, toutes ornées d’or. On a bien sûr été particulièrement marqués par la pagode Shawdagon, la plus connue du Myanmar, et très sacrée dans le bouddhisme, 100 mètres de hauteur, recouverte de 27 tonnes d’or.

Nous avons pris le train autour de Yangoon pour voir des scènes du quotidien et notamment ce marché étonnant qui a lieu sur les rails, dès que le train arrive (ne vous inquiétez pas, il est très lent), ils poussent leurs divers paniers sur le côté et hop ils reprennent leurs places juste après. On a aussi fait un marché local où on a acheté nos longuys. Elodie a acheté du tissu, elles ont ensuite pris ses mesures pour le préparer en 20 minutes.

Kyaiktio (Le rocher d'or)

Nous nous sommes rendus au rocher d’or, lieu très sacré au Myanmar, nombreux sont les habitants qui veulent s’y rendre au moins une fois dans leur vie et nous avons eu cette chance. Il n’y a rien à faire de spécifique dans ce village, peu d’hôtels accueillent les touristes.

L’après-midi de notre arrivée est pluvieuse on montera donc le lendemain matin en espérant que le matin soit plus propice au beau temps.

Il faut prendre un camion qui peut accueillir une cinquantaine de personne ou monter pendant 3 heures à pied. Les gens sont installés sur des petits bancs les uns derrière les autres, cheveux au vent pendant 45 minutes. Le camion part quand il est plein. Rien que pour ce trajet épique avec les locaux, la destination vaut le détour. On fait quelques stops pendant la montée où des gens font des speechs pour obtenir de l’argent.

Le rocher était dans la brume mais il ne pleuvait pas. Jérémie a pu s’approcher et toucher le rocher d’or avec les fidèles qui viennent y coller des feuilles d’or. Les femmes n’étant pas autorisées à s’en approcher, Elodie reste à l’écart à observer la scène. Une véritable ville est entrain de se construire aux alentours, pleins de nouveaux hôtels sont en train de pousser comme des champignons.

Comme vous pouvez le voir, ce rocher tient en équilibre sur la montagne, il y a bien entendu une explication à ce miracle. Il y aurait un cheveu de Bouddha qui serait placé en dessous et qui permettrait à celui-ci de garder sa position.

Nyaung Shwe (Lac Inle)

C’est une étape que nous avons beaucoup aimé pendant notre voyage. Nous sommes arrivés en bus de nuit, comme d’habitude au Myanmar, non pas en retard mais en avance. En pleine nuit, ce n’est pas très avantageux, car nous sommes fatigués, les hôtels sont la plupart fermés mais il y a toujours des gentils taxis qui sont là pour nous aider, heureusement, ils n’y vont pas trop fort sur les prix comme d’autres pays pourraient le faire.

Nous étions normalement en fin de saison des pluies mais nous en avons eu tous les jours, on a donc organisé nos activités en conséquence.

La première après-midi étant pluvieuse, on décide d’aller tester le massage traditionnel birman. Nous sommes passés par une petite agence de tourisme et nous n’avons pas été déçu, nous sommes tombés sur un couple visiblement assez pauvres, qui nous accueille dans leurs maisons. Des nattes sont posées sur le sol et nous nous faisons masser pendant une heure sans utilisation d’huile. On a bien rigolé car ils avaient un poulailler juste à côté de la hutte en bambou et on entendait le bruit des oies et des poules, ça change du bruit de la cascade chez Yves Rocher.

Nous avons fait un tour de bateau sur le lac Inle entouré de ses montagnes (et nous avons eu beau temps ce jour là !) pendant une journée entière, la location du bateau coûte moins de 15€ et nous pouvons le partager à 5 personnes. Nous avons pris le grand tour où nous allons jusqu’à Inn Dein et nous n’avons pas regretté notre choix, les pagodes abandonnés aux couleurs différentes dégagent une atmosphère que l’on a bien aimé. Sinon nous avons visité les jardins flottants de tomates, il y a seulement 2 mères de terre en dessous, si bien que si l’on monte dessus, cela bouge ! La récolte se fait du bateau. Nous avons aussi visité toute sorte de petits endroits : fabrique de bijoux en argent, d’écharpe en lotus, de bateau, d’objet en bambou, d’armes, de cigarillos, des maisons où vivent des femmes girafes, des marchés, des monastères,… Journée chargée mais sympa car les gens font voir ce qu’ils fabriquent, ils expliquent mai ne poussent pas à la consommation.

Nous avions prévu le deuxième jour une balade en vélo mais il a plu toute la matinée, nous sommes donc partis seulement en début d’après-midi et nous avons raccourci notre balade. Nous avons été à un domaine viticole, la vue était superbe et dégagée sur les montagnes et le lac. Nous avons pris un package pour déguster plusieurs verres, pour être honnête ce n’était pas le meilleur vin que l’on est bu mais avec le cadre et le cheddar sur des petits toasts, on a bien apprécié.

Pour notre dernier jour avant le départ en trek, nous avons fait un cour de cuisine. Nous avions rendez-vous le matin au marché où nous a expliqué les différents fruits-légumes, comment s’organisait le marché, l’utilisation des objets vendus. On a acheté tout ce que nous avions besoin pour préparer nos plats, deux chacun. Il ne faut pas être trop regardant sur l’hygiène au niveau de la viande et du poisson, rien n’est réfrigéré, la boucherie consiste à une grande boite en boite avec du petit grillage et du papier journal dans le fond. Nous sommes ensuite partis en carriole jusque chez le couple qui donnait ce cours. On nous a expliqué comment cuisiner chaque plat, l’ambiance était sympathique et décontractée. Nous cuisinions avec des woks posés sur un feu de charbon, en semi-ouvert. Nous avons ensuite partagée tous ensemble notre repas et c’était délicieux. Nous sommes rentrés en tuk tuk vélo en ville, les passagers sont sur le côté droit du vélo et placés dos à dos !

Kalaw Trek

Il est possible de faire le trajet jusqu’à Kalaw en bus mais les paysages sont somptueux alors nous avons décidé de le faire à pied et nous pouvons ainsi partir à la rencontre des ethnies Pa-o et Danu de cette région. Nous avons pris l’option 3 jours et 2 nuits qui ne compte pas moins de 60 kms. On marche tous les jours depuis notre départ de France mais il faut dire que nous étions fatigués à l’arrivée et des ampoules commençaient à apparaitre. On laisse nos gros sacs à nos organisateurs du trek, qui les emmènent en scooter à Kalaw. Nous avons choisi cette agence car ce sont deux amis, la vingtaine, qui ont ouvert leur business il y a un mois et ils n’ont pas encore eu de clients à cause de pluie et de la basse saison. Alors pour leur porter chance, comme ils disent « lucky monnaie » on a décidé de leur faire confiance et on n’a pas regretté.

On commence par faire une heure de bateau pour nous rendre à l’autre bout du lac avec nos petits sacs à dos. Pendant notre trek nous avons été étonnés de voir les différentes cultures qui se trouvaient dans ces montagnes : tomates, avocats, choux, piment, gingembre, mais, poivrons verts et rouges,… il y avait beaucoup de terre rouge. Le premier village où nous avons dormi n’avait ni route ni électricité.
C’était un bon en arrière, à la tombée de la nuit, les gens rentrent des champs avec leurs bœufs et leurs charrues, ils les laissent devant la maison, tout le monde à son bœuf ! Le deuxième village avait l’électricité et une route mais cela restait très rustique. Les maisons sont presque vides, on mange assis parterre avec une table basse et on installe une natte à côté pour la nuit. Les toilettes sont à la turc au fond du jardin et la douche au seau à côté du puits.

Les pa-o sont facilement reconnaissables à leurs coiffes orange. Ce trek est normalement très touristique, nous avons croisé seulement deux groupes de touristes pendant notre séjour car c’est la basse saison mais nous avons été chanceux nous n’avons pas eu de pluie et nous avons bien mangé. Nous avons beaucoup aimé découvrir leur mode de vie et les paysages mais il faut dire qu’ils ont l’habitude de voir des touristes et ne sont pas toujours très enjouées de nous voir.

Bagan

Nous sommes repartis le soir même de notre trek en bus de nuit pour Bagan et sa célèbre plaine parsemée de temple. Comme d’habitude nous débarquons en plein milieu de la nuit à 3H00 du matin cette fois-ci. Notre taxi connait des copains à des cousins qui restent ouvert la nuit. Nous regardons plusieurs logements mais c’est compliqué car certaines personnes partent le lendemain mais on n’a pas envie d’attendre pour notre chambre et certains hôtels que nous avions repérés sont fermés. Finalement on en trouve un dans nos tarifs qui nous donne la chambre tout de suite. Il est maintenant plus de 4h00 du matin, on décide de faire une petite sieste et de partir tout de suite faire notre premier lever de soleil, les loueurs de vélo ouvrent à 5h00 du matin. On peut soit prendre des vélos, dans ce cas là on se déplace plus lentement et c’est un peu dur car le sol est sableux. Ou alors le vélo électrique qui est même parfois un scooter électrique, on en prend un pour deux, on a le temps de voir plus de choses et ce n’est pas beaucoup plus cher.

On a bien aimé découvrir Bagan pour la première fois par un lever de soleil, on en fera deux autres mais qui seront beaucoup plus nuageux et aucun coucher de soleil car trop de nuages. Nous avons eu beaucoup d’averses pendant notre séjour, les routes étaient inondées, c’était difficile de circuler, nous qui avions lu que c’était un endroit où il faisait très chaud et aride^^ Donc nous avons vu beaucoup de temples, nous avons apprécié visiter les plus importants mais aussi les moins connus où nous étions seuls, cela permettait d’avoir moins de rabatteurs car il faut dire qu’ils sont très présents et ils parlent même en français « c’est joli, c’est pas cher et moins cher qu’à Leclerc, c’est moi qui l’ai fait,… ».

Nous avons aussi visité le mont Popa, à une heure et demi de route, c’est un temple qui est perché sur le haut d’un roche, il faut grimper 700 marches pour y arriver. Malheureusement pour nous, la vue était bouchée en haut.

Monywa

Nous sommes ensuite repartis de Bagan en mini bus pour atteindre Monywa ; destination un peu hors des sentiers battus, du coup peu d’hôtels accueillent des touristes, le moins cher étant complet, nous avons du nous rabattre sur le deuxième moins cher où la prestation était loin d’être au niveau du prix, les chambres sont d’habitude moins cher et le petit déjeuner est compris. Le prix pour les locaux est affiché clairement à côté du prix pour les étrangers et c’est le double pour nous. C’est le gros inconvénient du Myanmar, les hôtels payent chers pour acquérir une licence qui leurs donnent l’autorisation d’accueillir les étrangers ce qui fait grimper les prix et limite le choix.

Nous avons loué une moto et nous avons à nouveau crevé, heureusement à 200 mètres d’un réparateur qui a réussi à nous comprendre. Nous avons aussi assisté à une manifestation pour le parti NLD puisque les élections sont le 8 novembre prochain. Les gens étaient tellement heureux et ils ont vraiment l’air d’y croire. Nous avons vu des grottes anciennes avec des bouddhas (oui au Myanmar il y a beaucoup de stupas et de bouddhas^^) et un bouddha géant de 130 mètres de haut où on peut grimper dedans. Il y a des fresques représentant l’enfer à l’intérieur. Pour l’instant les escaliers ne sont pas finis, nous avons grimpés 27 étages, apparemment il reste encore 6 étages pour atteindre la tête du bouddha.

Mandalay

Notre séjour à Mandalay est découpé en deux parties puisque nous y revenons pour prendre notre avion en direction de Bangkok. La première partie était plus que pluvieuse, un cyclone est passé sur la chine et nous avons eu la queue du cyclone. Du coup il a plu dans tout le nord du Myanmar pendant 3 jours non stop, on a crut que ça ne s’arrêterait jamais. Les routes étaient inondées, il n’y a rien pour évacuer l’eau donc ça devient tout de suite une catastrophe. On s’est donc baladé en scooter et poncho mais on doit avouer qu’on est moins motivé à visiter les lieux boueux. On a quand même une rencontre très sympathique dans un monastère avec des novices avec qui on a discuté une bonne partie de l’après-midi.

Lors de notre deuxième visite, le soleil est revenu alors on a reprit notre fidèle scooter afin de nous rendre au marché au jade pour voir les locaux vendre leurs biens aux chinois. On a ensuite filé à Sagaing où les temples sont perchés sur des collines ce qui donne une sublime vue. On a continué jusqu’à Migung pour voir la fameuse stupa qui n’est pas terminée et qui s’est faite foudroyée par la foudre il y a maintenant très longtemps. Il est normalement interdit de monter en haut mais il ya des escaliers qui rendent l’ascension facile  Nous avons terminé la journée par un coucher de soleil sur le point d’U Bein, le plus long pont en teck du monde, 1,2kms, un peu trop touristique à notre goût mais on a trouvé ça très beau, c’est d’ailleurs pour cela que les gens viennent ! On notera quand même la petite chanson des locaux en français svp : « sur le pont d’avignon » mais aussi « 1 km à pied ça use ça use, 1 km à pied ça use les colliers (oui oui les colliers car ils ne vendent que ça).

Hsipaw

Nous avons bien aimé notre séjour à Hsipaw, le beau temps est revenu. Nous avons commencé par faire une balade de 45 minutes pour atteindre une cascade, le débit d’eau était très important vu l’eau qui est tombée ces derniers jours, mis à par quelques agriculteurs avec des buffles, on n’a pas croisé grand monde. On a aussi été voir un joli couché de soleil sur une colline, cela faisait longtemps qu’on n’en avait pas vu un.

On est ensuite à nouveau parti en trek mais cette fois-ci pour deux jours une nuit, on est revenu au même endroit, nous avons donc pu laisser nos gros sacs à notre hôtel. Notre guide avait 25 ans et il était de la minorité ethnique Palaung et il y avait aussi des villages Shan. Nous avons été moins bluffés par les paysages mais nous avons trouvé les gens beaucoup plus accueillants avec les touristes, les enfants venaient nous saluer et jouer avec nous. Nous avons dormi dans un petit village de trente maisons perché en hauteur. On a eu un super accueil. Il y a beaucoup de plantations de thé dans cette région, du coup peu de buffles, ils servent uniquement à transporter. Les maisons sont toutes aussi simples que dans la région du lac Inle.