La vie, la musique et la fête durant les fallas

Les fallas, c'est avant tout la fête des valenciens.
On le sent, ils attendent ça toute l'année et l'atmosphère qui se dégage de ces 5 jours est du coup très positive. On voit défiler des enfants, des femmes et des hommes en costume traditionnel, certains font leur paella dehors à même le sol (sur des petits feux de bois), des stands de churros fleurissent un peu partout et la musique envahit les rues.

Bon, par contre, en ce qui concerne la musique, des scènes de concert sont montées dans de nombreuses rues, et de tout ce que j'ai entendu, c'est vraiment mauvais ! (enfin après chacun ses goûts...) On avait une scène de concert juste à côté de l'appartement, et franchement c'était horrible ! Il n'y a même pas eu un seul groupe qui m'a plu ! Dommage !
Enfin du coup, qu'est ce qu'on a ri ! ("aaaaaahhhh mais taisezzzzzz-vouuuuuus !!!!!")

La mascletà et autres pétards

Tous les jours à 14h, un spectacle pyrotechnique a lieu sur la place de la mairie, les valenciens appellent ça "la mascletà".
En fait, ça se résume surtout à de multiples explosions laissant échapper un épais voile de fumée.
Il n'y a pas d'intérêt visuel, c'est très bruyant certes, mais je ne comprends pas bien comment ça peut attirer autant de monde sur cette place ! Toutes les rues adjacentes étaient bondées de monde alors que l'intérêt est, de mon point de vue, très relatif !
Enfin, sûrement une autre tradition à respecter !

Et sinon, en dehors de la mascletà, les pétards volent et d'autres sont même accrochés à même les rues et les façades des maisons.
Vous voyez les deux dernières photos ? Et bien c'est juste devant chez nous, et croyez moi, le tout a fait trembler les vitres et les murs, même avec les volets fermés !
Une sacrée expérience encore !
Il n'y a que là-bas qu'on peut vivre ça !

Le rite de la cremà : les fallas en feu !

Dans la nuit du 19 au 20 mars, comme je vous l'ai expliqué, c'est la mise à feu de toutes les fallas. C'est le point culminant de la fête où se mélange des sentiments de joie, d'exaltation et de tristesse.

En fait, le feu a une place très importante dans cette fête et la cremà est une tradition qui remonte aux années 1930 (cremà signifie en valencien « incendie »).
Celle-ci reflète, entre autre, la nécessité du cycle de construction et de déconstruction (en gros, l'image d'une nouvelle naissance après la mort).
J'ai pu lire également que certains artistes pensaient le moment de la mise à feu comme "une purification à travers les flammes". Le feu permettrait ainsi "d’oublier le mal de l’année passée pour recommencer une année neuve".

En tout cas, derrière l'histoire et la symbolique, il est vrai que le feu est un élément fascinant et que ça a été un grand et beau moment !
Reporter de l'extrême bonjour !! ahah ;-)

Le feu d'artifice final

Le final a lieu sur la place de la mairie. La dernière falla est brûlée et le feu d'artifice clôture la fête.
Ce n'est pas le feu le plus beau, mais par contre il résonne ! Une fois de plus, la culture du bruit prend le dessus ! Mais du coup, ça crée un effet surprenant, moi qui n'aime pas les feux d'artifice, j'avoue avoir été agréablement surprise.

*****
Voilà, j'arrive à la fin de mon récit sur les fallas.
Pour écrire ces deux chapitres, j'ai pu lire en transversal un mémoire consacré aux fallas, écrit par Noémie Fritz "Produire du collectif autour de l’éphémère: la fête des Fallas à Valence" (2010).
Son travail est vraiment très intéressant et surtout il apporte un regard critique sur cette fête (je ne me suis pas lancée dans cet exercice car je ne m'estime pas légitime mais il y a de quoi dire, tout n'est pas si rose, surtout du point de vue des valenciens apparemment).
Je retiendrais tout de même une de ces phrases : "le don dans la fête n’est ni utilitaire, ni gratuit mais permet d’alimenter l’échange social, le plaisir d’être ensemble, de donner un sens à son existence". Ça me parle plutôt bien. Pas vous ?

Et pour conclure, une petite citation que je trouve très adaptée à cette fête des fallas :
« Le lien compte plus que le bien » (Alain Caillé, sociologue français)

Alors, vous y allez quand ? :)