Porto Da Cruz

La fin de mon périple se rapproche, c’est mon dernier jour complet sur Madère. J’ai dit au revoir à Antoine hier soir, car il partait tôt pour guider un groupe de randonneurs dans le centre de l’île. Mais Cilene est là, elle me fait un petit thé avant que je ne parte. J’aurai un très bon souvenir d’eux!

Décidémment, mis à part sur la côte sud je n’aurai pas vu tant que çà un beau et franc soleil. Ce matin, il fait encore bien gris mais il ne pleut pas. Je pars vers Santa Cruz, un tranquille village côtier entouré d’abruptes falaises. Les vagues sont brutales et le vent souffle fort aujourd’hui. Porto da Cruz possède encore l’une des dernières usines à sucre de canne de Madère, qui produit principalement du rhum et de la mélasse depuis 1927. La visite est libre, mais la sucrerie ne fonctionne qu’au printemps.

Pointe de São Lourenço

La côte nord-est de Madère, à partir de Porto da Cruz, a encore ce relief sauvage et abrupt, mais on a quitté les denses forêts du centre. Après la petite ville de Caniçal, la route passe en surplomb de la petite plage de Prainha, faite de sable noir et attirant pas mal de monde en été. Mais ce qui m’intéresse, c’est la pointe de São Lourenço, une presqu’île rocheuse tout à l’est de l’île. Paysage étonnant: la végétation est très basse, le vent est souvent violent, avec une côte déchiquetée avec des falaises plongeant en à-pic dans l’océan. Au milieu de ce paysage “lunaire”, quand on a connu la douceur de la côte sud et la luxuriance des forêts du nord et du centre, on se demande si on est encore à Madère… ou sur une planète inconnue.
Et les couleurs des roches, tantôt ocres, tantôt noirs (la basalte) prouvent encore bien les origines volcaniques de Madère. Et.. attention aux falaises, il n’y a aucune protection, donc si on veut s’approcher du bord, on y réfléchit à deux fois!

Mais comme cette randonnée est d’un niveau facile, elle attire du monde, et après le grand parking, on voit le long du sentier “officiel”, des processions de promeneurs, de loin on dirait des fourmis ouvrières qui se suivent. Mais Antoine m’avait donné un tuyau: avant la première passerelle en bois, un discret petit sentier part vers la gauche, se perdant dans les reliefs de la presqu’île mais rejoignant aussi l’extrémité. Personne n’y fait attention, de ce fait je n’ai croisé personne, dans un tel paysage ça fait bizarre. Bon, si vous y allez faire un tour, ce bon plan, vous le gardez pour vous, hein?

Machico

Voici mon dernier arrêt avant le retour sur Funchal: la ville de Machico, sur la côte est de Madère, est la deuxième ville de l’île et fut même la première capitale de Madère, de 1440 à 1496. C’est en arrivant ici que les navigateurs Zarco et Teixera prirent possession de Madère en 1420. En 1508, Funchal devint la capitale. Une décision d’aménager les terres fit partager l’île en deux ; le Sud et l’Ouest furent donnés à Zarco, et le Nord et l’Est au capitaine Teixeira.

De nos jours, c’est une agréable station balnéaire, séparée en deux par une rivière, avec une plage de sable fin importé du Maroc. L’océan est beaucoup moins houleux que sur la côte nord! Pas mal de choses à voir: un centre ancien avec des petites ruelles, l’église Nossa Senhora da Conceiçao (du 15ème siècle), et le Fort São João Baptista, construit en 1708, avec une chapelle néo-gothique dédiée au saint qui lui a donné son nom. Avant d’atteindre le fort, on traverse l’ancien quartier des pêcheurs, avec ses maisonnettes collées les unes aux autres avec la petite chapelle Nosso Senhor dos Milagres. Bref, une belle petite halte.

Pour rejoindre Funchal, 30 minutes suffisent en prenant la voie rapide VR-1 qui passe sous les piliers du prolongement de l’aéroport. A long terme, une voie rapide devrait faire le tour complet de l’île, mais pour l’instant, faute de capitaux nécessaires, la finalisation du projet est en stand-by. Ce qui permet encore, entre Sao Vicente et Santana, de connaître les émotions d’un croisement sur une des dernières portions de la vieille route côtière!
J’arrive en milieu d’après-midi. Restitution du véhicule à l’agence, petit hôtel à même pas 25€, dernières balades dans le vieux Funchal, une poncha en soirée face à l’océan… Hé bien, voilà, ma dernière journée sur Madère va s’achever. Je passerai les détails de mon retour le lendemain, rien de transcendant: d’abord Funchal-Porto, 2 heures d’escale, et Porto-Bruxelles, Belgique-retour-maison. La boucle est bouclée, comme on dit.

****************************************************************

Ah, quel voyage! 20 jours de pur bonheur. La découverte d’un nouveau pays, d’une nouvelle culture, de nouvelles rencontres évidemment, c’est une source d’enrichissement personnel que les touristes des Club Med ou autres voyages organisés en autocar ne connaîtront jamais. On me dit souvent “Tu pars seul? tu vas t’emmerder grave, non?”; C’est tout le contraire, grâce aux rencontres que je fais, en allant vers l’autre, même si je bafouille seulement quelques dizaines de mots en portugais. J’ai remarqué qu’on apprend bien souvent plus sur un pays en écoutant ses habitants qu’en lisant des guides.
Ma destination de 2017? Ben, vous verrez bien… mais je repars en septembre me faire une petite balade en France comme je fais chaque année. A bientôt!

«Voyager sans rencontrer l’autre, ce n’est pas voyager, c’est se déplacer»
(Alexandra David Neel)