Coimbra

Distante de 30 km de Lousã, Coimbra est connue pour être la plus ancienne ville universitaire du Portugal. Son université Elle compte parmi les plus anciennes d'Europe avec la Sorbonne, Bologne et Salamanque en Espagne. Le Rio Mondego y passe, il prend sa source dans la Serra da Estrela.

Parking facile sur la rive opposée du Mondego, en avant pour l’exploration de cette ville qui semble bien agréable au premier abord pour les piétons. C’est plein de petites rues piétonnes, étroites et bien ombragées (le soleil tape bien aujourd’hui) et les commerces ne sont pas envahissants.

J’ai envie de manger un truc simple et rapide. A Porto, j’avais déjà vu des petits snacks qui proposaient des “sandes de leitão”. Je sais que sande signifie sandwich en portugais, mais c’est tout. J’entre dans un de ces petits snacks et en commande un; eh bien voilà, c’est un gros sandwich rond (j’insiste sur le mot “gros”!) avec des morceaux de cochon de lait et une petite sauce à l’ail en accompagnement. Avec une bière, life is beautiful! Et ils ont peut-être même apprécié mon maigre bagage de mots portugais, au moment de l’addition je me vois offrir un petit verre de porto!

Très beau centre-ville, avec quelques belles églises, comme celle de Santa Cruz, près de l’Hotel de Ville. Des petits passages couverts des rues en escaliers avec des noms évocateurs tels que Rua Quebra Costas (* rue Casse Côtes!); En pleine vieille ville, se dresse la vieille cathédrale (Sé Velha) du 12ème siècle, à l’allure de forteresse.

En se rapprochant de la célèbre université, je vois de temps à autre de vieux immeubles avec des calicots indiquant “Republica”. Une republica, c’est un ensemble de logements mis à disposition des étudiants, qui les gèrent eux-mêmes. Situées dans le vieux quartier de l’université, ces maisons furent créées au 18ème siècle, et les étudiants se regroupent généralement par discipline universitaire. Elles abritent entre 10 et 20 étudiants qui, chacun à tour de rôle, gère le budget communautaire. Leurs emblèmes sont parfois farfelus, comme des drapeaux ou des trucs électroménagers pendus aux balcons.

Justement, l’université, en voilà l’entrée! Allons voir çà de plus près. Attention, c’est une des plus anciennes du monde, comme je le disais plus haut: Fondée en 1290 à Lisbonne par le roi Dinis, elle fut transférée à Coimbra en 1537, grâce au roi João III, dont la statue se dresse fièrement dans la cour intérieure. Dans la même cour, la tour dite “de la Chèvre”, du surnom donné à la cloche qui marquait autrefois les heures de réveil et de rassemblement des étudiants. Au programme: les nombreuses salles de cours, le cloître, la chapelle Sao Miguel et ses azulejos et le joyau des lieux, la bibliothèque Joanine, décorée de bois précieux et renfermant pas moins de 60.000 bouquins! Elle a été offerte par le roi João V en 1728, grâce aux diamants du Royaume rapportés du Brésil. Tellement bien préservée et protégée que les photos sont interdites à l’intérieur. Malheureusement y a toujours des Bidochons qui peuvent pas s’empêcher avec leur flash… Tiens, on pourrait les enfermer dans l’ancienne “prison académique”, où les jeunes rebelles étaient jadis calmés quelques temps dans des petites cellules!!

La majorité des étudiants porte toujours ce fameux costume traditionnel, un complet noir pour les garçons, un tailleur noir pour les filles, avec une cravate et une cape noire portant les écussons de sa fac (pharmacie, lettres, sciences...) et des rubans colorés (jaunes pour la médecine, rouges pour le droit, violets pour la pharmacie, bleus pour les lettres). Si Harry Potter avait été renvoyé de Poudlard, il aurait bien pu venir ici!

Aveiro

Je quitte à présent Coimbra pour me diriger vers Aveiro. Je vais utiliser les autoroutes portugaises pour la première fois, plus par curiosité que par nécessité. Il faut savoir que la plupart de ces autoroutes sont payantes, et si certaines utilisent encore des péages “classiques” comme en France, les péages électroniques sont de plus en plus courants.
En fait, ce sont comme des portiques passant au-dessus de la route qui prennent en photo la plaque d’immatriculation et calculent le tarif en fonction de la distance parcourue. La carte bancaire du conducteur est associée au système de ces péages, appelé “Easy Toll” ou “Via Verde”. La grande lettre V peinte en vert sur les bandes d’autoroute, c’est çà! Les voitures de location ont ce système (c’est un boitier électronique), mais si tu viens avec ta voiture, il faut louer ce petit boitier et le créditer de minimum 10€. Voilà.

http://a-la-decouverte-et-redecouverte-du-portugal... 

Me voilà à Aveiro une petite ville connue pour ses canaux où naviguent les “moliceiros”, de drôles de petites embarcations dont la proue est peinturlurée sous tous les thèmes possibles; elles servent aujourd’hui à la balade des touristes.
C’est une ancienne ville de pêcheurs et ça se voit, par exemple avec les statues ornant le pont du canal principal, qui symbolisent les traditions de la ville. Au 15ème siècle, le port s’envase, signant le déclin d’Aveiro. Ce n’est qu’au début du 19ème siècle que les digues et les canaux réussirent à redresser l’activité de la cité. Les quais des canaux sont agréables, mais bon, l’appellation de “Venise portugaise” est peut-être un peu surévaluée…
Sinon, le centre-ville est très bien aussi, avec son immense centre commercial “Forum Aveiro”, sa cathédrale et ses rues piétonnes recouvertes de “calçadas”, genre de mosaïques de tout petits pavés blancs et noirs représentant des dessins (animaux, travail de la pêche…). Attention: avec le soleil, ça éblouit et quand il pleut, ça peut glisser!

Pour les gourmands (oui, je plaide coupable), il y a les “ovos moles” (traduction: oeufs mous), un dessert très sucrés de couleur jaune, essentiellement composés de jaunes d'oeufs et de sucre. On les trouve généralement présentés dans des petites barriques en bois, peintes avec des thèmes symbolisant Aveiro, ou recouverts d'une "enveloppe" blanche à base de farine et de blé, qui lui sert de contenant (un peu comme une hostie).

Barra

En quittant Aveiro pour rejoindre la côte atlantique, on passe près des salines où se trouve un écomusée qui explique l’exploitation du sel dans la région. Je pose mon sac ce soir à Costa Nova, mais avant je vais jeter un coup d’oeil à Barra, une petite station balnéaire un peu moins fréquentée. Le phare de Barra est le plus haut du Portugal avec ses 66 m de haut.

De Barra à Costa Nova, distante de quelques kilomètres, l’océan et les deux localités sont séparées par des dunes. L’histoire de la formation de cette espèce de langue de terre (“barra” → barre) remonte à 1575, quand une sale tempête s’abat sur la région et fait déborder la rivière. Lors de la décrue, un bras de terre se forme à l'embouchure, créant une lagune et privant Aveiro de son accès à la mer.

Costa Nova

J’arrive à Costa Nova. Ce chouette petit coin est situé sur la bande de terre entre le “ria” et l’océan est un ancien village de pêcheurs. La longue avenue José Estevao est bordée de nombreux restos de poissons et fruits de mer, de qualité variable. Mais ce qui fait la célébrité des lieux, ce sont les “palheiros”, ces petites maisons rayées en rouge, bleu ou vert. Ces bâtiments typiques, à l’origine utilisés par les pêcheurs de la région pour garder leur matériel de pêche ont été utilisés par après comme des maisons de vacances.

Je mange le soir dans un petit resto un peu excentré - donc moins touristique - avec un plat tout simple de sardines grillées. après quoi je vais me promener jusqu’au crépuscule sur la longue plage, avec les dunes de Barra au loin. Il m’impressionne toujours autant, cet océan atlantique, par sa puissance et le bruit qu’il fait; en marchant sur la plage, on se dit que les vagues ne dépasseront pas une certaine limite, mais en voilà une plus forte qui manque de te faire culbuter… En tout cas, c’est une belle plage, à part 2 ou 3 promeneurs et quelques pêcheurs à la ligne, personne. La nuit tombe, les pêcheurs sont toujours là et ne sont sûrement pas disposés à partir, car ils ils ont pris de puissantes torches avec eux.